Le bestiaire roman

Publié le 12 Janvier 2026

En plein XXème siècle, un curieux personnage sillonne les chemins de Bourgogne. C’est Jean Treuverdot, que la Vox populi appelle La Gazette  (colporteur de nouvelles) ou  vicaire des lapins de garenne, chapelain des renards, chanoine des blaireaux et surtout, pape des escargots. Lui-même se dit  fils de curé et de putain et dernier des druides. Il est vrai qu’il parle le grec et le latin. Voyageur-voyant  de l’espace et du temps, le vieil homme remonte  aux sources des   bâtisseurs de cathédrales. Sa mission est de transmettre  leurs connaissances  à l’initié qu’il a choisi pour lui succéder : Gilbert, sculpteur émérite chez  ces compagnons du devoir qu’on appelle les lapins.

 

Henri Vincenot et ses œuvres sont le portail par lequel je suis entrée dans les savoirs anciens : sourcellerie, radiesthésie, géobiologie. Ce  portail littéraire m’a versée dans la géométrie sacrée et le Bestiaire roman.

 

En  Bougogne du sud, le Brionnais compte  une vingtaine d’églises romanes. Pour les plus connues : Anzy-le-Duc, Iguerande, Bois-Sainte-Marie. Pour construire  ces églises,  les  druides (reconvertis en chrétiens) et  leurs oeuvriers compagnons ont utilisé des savoirs venus du fond des âges. Aujourd’hui, qu’on a oublié jusqu’à Dieu lui-même,   l’architecture, les sculptures, les chapiteaux et les images des églises romanes continuent de parler, de  livrer leurs messages. Il suffit d’avoir   les  oreilles pour entendre et les yeux pour voir. L’église  invite le pèlerin à accomplir sa conversion spirituelle en  suivant  l’itinéraire  institué dans l’édifice à partir de la course solaire. Le cheminement de l’ombre à la lumière est inscrit dans la pierre, notamment dans les  chapiteaux qui coiffent les piliers/arbres de la forêt de pierre. Ces chapiteaux offrent trois niveaux de lecture : le visible, le psychologique et l’ésotérique. Nombre de sculptures sont des animaux. On parle alors de Bestiaire roman. Dans certaines églises, on trouve sculpté… un cochon. Un cochon qui danse ou qui joue de la flûte. Déplacé, inapproprié, pensez-vous. Pas du tout : dans sa nature sauvage, le cochon, c’est  le sanglier et le sanglier, c’est le symbole du … druide. 

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