Rêves de fauves et d'aventures
Publié le 15 Janvier 2026
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Cet homme-là a toujours voulu être le premier. Premier à s’engager à la guerre d’Espagne, à entrer dans Paris avec le général Leclerc, à marcher sur les traces de Stanley et de Brazza, à défier l’Afrique et ses grands fauves. Cet appétit de la primauté lui est venu dans sa prime enfance, un jour qu’il traînait son cœur en berne au muséum du jardin des plantes à Paris. Ce jour-là, il est tombé devant un panneau pédagogique indiquant : Babiroussa, origines : Célèbes, Moluques. Le panneau était placé devant un curieux animal, sorte de sanglier-hippopotame. Le rêve venait de prendre racine : être le premier occidental à retrouver sur l’un des treize mille îlots de l’archipel indonésien cet animal échappé de la Préhistoire. Action, rêve, aventure et poésie.
Dans les premières pages de son livre, l’auteur raconte comment le livre d’un autre auteur-explorateur l’a sauvé du désespoir et a induit sa vocation. Il s’agit de Franck Buck, auteur du livre Ramenez-les vivants.
Un attrapeur trappeur d’animaux vivants raconte cette pratique qui est devenue un métier sous le nom de wildlife collector. Ces chasseurs-ci ne tuent pas d’animaux, ils les capturent vivants pour les zoos. Dans le cadre de ses activités professionnelles, Buck est allé en Malaisie, à Bornéo, en Inde, en Afrique, en Chine, en Amazonie. Il a trappé des tigres, des panthères, des serpents géants, des serpents venimeux, des orang-outans, des ours, des crocodiles, des oiseaux rares. Cette activité est pratiquement interdite aujourd’hui, ce qui laisse le champ libre aux braconniers et aux mafias. Pas sûr que les animaux et l’humanité aient gagné au change. Toujours est-il que le livre est aujourd’hui un livre culte qui fait partie des archives coloniales et propose la vision d’une nature brute et dangereuse, pas romantique pour un sou.
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